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Témoignages de mes échanges avec... Moi-même !

Quand il a fallu choisir une photo à interpréter en sérigraphie pour illustrer ma série « Hibernia Remanens », « Temeritas, atis » s’est imposée d’elle-même, je n’ai pas eu besoin de réfléchir.

 

Quand il a fallu trouver l’artisan pour travailler et imprimer ce visuel, le mec du Studio C-pia était une évidence. Je connais bien ce garçon, je vis avec lui, et je savais que nos échanges pour trouver le compromis entre ma photo et sa déclinaison sur support papier seraient riches.

 

MAIS, car il y a un mais, notre collaboration s’est avérée houleuse. Pourquoi ? Parce que, je dois bien l’avouer, MOI, CarCam, l’auteur attaché aux détails et aux non-dits dans ses images, suis tout aussi entêté et exigent que… MOI, Carlo, le technicien silk screening (*) spécialisé dans la reproduction de photos !

 

Témoignages de mes d’échanges avec moi-même : quand l’artiste et le sérigraphe sont la même personne.

 

 

Sérigraphie Temeritas, atıs - Edition Black Silver
Sérigraphie Temeritas, atıs - Edition Black Silver

 

CarCam : l’une de mes premières exigences en tant qu’artiste pour l’interprétation de cette photo en sérigraphie étaient de conserver les zones surexposées de l’image dues à l’utilisation du flash. J’ai tout de suite pensé à un papier d’une blancheur éclatante. Mais quand j’en ai parlé à l’autre moi, le sérigraphe, il m’a orienté vers tout autre chose : le papier noir teinté dans la masse qu’il utilise pour ses impressions en Édition Black Silver... Je me suis demandé alors si j’avais été clair dans ma demande !

Il m’a expliqué qu’un papier blanc augmenterait le contraste déjà très présent dans l’image, aplatirait l’ensemble et serait paradoxalement beaucoup trop lumineux en comparaison de l’original. L’encre argent utilisée pour les impressions Black Silver étant scintillante, elle donnera, m’avait-il dit, l’effet lumineux et flashy de la photo de façon plus mesurée. Nous restions dans l’esprit voulu par l’artiste tout en produisant un visuel différent de celui qui lui a donné vie. Une manière de permettre aux deux oeuvres de coexister sans se faire de concurrence. J’ai cédé.

Et j’ai bien fait en voyant plus tard le résultat.

 

Carlo : CarCam tenait absolument à conserver le maximum de détails sur la veste du jeune au premier plan. Il souhaitait que les plis du vêtement soient très proches de ceux de la photo et que ses carreaux soient très figuratifs. J’étais très embêté car, même en me servant d’un écran fait de mailles très fines que j’utilise pour l’Édition Black Silver, je savais qu’il faudrait un travail plus conséquent et plus fin qu’à l’habitude lors de la préparation du fichier. Il devait pourtant savoir ce que ça impliquait ! Lui c’est moi après tout ! Je lui ai, pardon, je me suis expliqué que les heures de travail supplémentaires n’apporteraient peut-être pas grand-chose par rapport à une interprétation plus approximative, plus pop art avais-je argué pour me convaincre. C’était sans compter sur l’entêtement de mon double. J’ai cédé.

J’ai dû travailler, un par un, sur chaque point noir et chaque point blanc de ce fichu veston pour densifier les premiers et éclaircir les seconds afin qu’aucun n’échappe aux effets de l’insolation ! Il a fallu réaliser le process de la réalisation du typon jusqu’à l’impression 3 fois avant d’obtenir le résultat attendu. Je ne le regrette finalement pas. Les détails récupérés dans les plis et sur l’ensemble du vêtement sont tout simplement hallucinants ! J’avais raison mais je ne me le dirai pas : ça me ferait trop plaisir !

 

CarCam : Sur la photo, il y a en arrière plan un petit drapeau et pour des raisons esthétiques, je tenais à le faire disparaître pour avoir un bel aplat de noir sur la sérigraphie. J’aurais du m’en douter, l’avis de Carlo était tout opposé. Il disait que sur une sérigraphie monochrome de ce type, cet élément ajouterait de la profondeur de champ à l’image, le second plan qui manquerait s’il était absent. Il n’avait pas tort. Nous sommes finalement arrivés à un arrangement : laisser le drapeau en l’estompant quelque peu. En le laissant travailler sur le visuel final, l’effet escompté fût réussi. Il n’y aura pas eu de modification en dur (l’effacement total d’une partie de l’image) laissant ainsi une sérigraphie très proche de la photo originale, avec le maintien d’un second plan marqué pour plus de relief.

 

Carlo : il y a un point sur lequel nous étions d’accord, au moins un ! Rester dans l’esprit de l’Édition Black Silver proposé par le Studio C-pia avec la réalisation de tirages d’exception en nombre très limité faisant de chacune de ces sérigraphies, une oeuvre unique que nous pouvons proposer à un prix très accessible. J’ai pu imprimer comme à mon habitude de façon artisanale 15 sérigraphies que CarCam a numérotées et signées. Et bien sûr, comme chaque impression en Black Silver, le travail a été réalisé sur du papier noir d’exception teinté dans la masse avec une encre argent sublime. J’ai terminé en imprimant artisanalement au dos le tampon Black Silver au hasard de mes envies.

 

CarCam : la collaboration s’est si bien déroulée que j’ai fait faire par la suite deux autres éditions de cette photo en sérigraphie. Une sur du papier kraft en édition limité avec 18 exemplaires disponibles. L’autre, un caprice de ma part, une sérigraphie en couleur rouge fluorescent sur papier noir tirée à seulement... 1 exemplaire dans le monde !

 

(*) : Silk screening : sérigraphie

 

Vous pouvez vous aussi faire l’acquisition de l’une de ces sérigraphies sur le site du Studio C-pia et bénéficier, pour une livraison en France, JUSQU’AU DIMANCHE 19 AVRIL 2020 À MINUIT DES FRAIS DE PORT OFFERTS !